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27/03/2026

Jouer ensemble, coopérer : pourquoi le jeu est un apprentissage du vivre ensemble ?

jouer ensemble enfant

Gagner à tout prix ou perdre avec amertume : c’est le dilemme de bien des sessions de jeu ! Les parents le constatent souvent : certains enfants prennent un réel plaisir à gagner, tandis que d’autres redoutent l’idée de perdre. Mais le résultat est le même, en fin de compte : on grogne parce qu’on a perdu !

Pourtant, une question surgit parfois entre deux lancers de dés : peut-on réussir sans écraser son voisin ? C’est là que le jeu coopératif prend tout son sens. En supprimant le principe d’élimination, il ne gomme pas le défi, mais le déplace : on ne joue plus contre un adversaire, mais avec un allié.

Cette bascule, un brin déroutante, est le plus beau terrain d’entraînement pour nos enfants : un espace où l’entraide n’est plus une option, mais la clé du succès !

Pourquoi les jeux coopératifs ne plaisent pas à tous les enfants ?

À première vue, les jeux coopératifs semblent plus doux. Il n’y a ni perdant ni trophée à la fin de la partie ! Pour autant, ces jeux ne rencontrent pas toujours l’adhésion immédiate de tous les enfants.

Pour un enfant habitué au shoot de dopamine de la première place du podium, l’absence de compétition peut créer un vide. La victoire offre des repères clairs : elle est visible, mesurable et souvent rassurante. Quand il n’y a plus de classement ni de podium, une question apparaît : comment savoir si j’ai bien joué ?

Quand la victoire structure l’estime de soi

La plupart des parents le savent, le fait de gagner est très important les enfants. Et oui, ils apprennent très tôt à se comparer, à compter les points et à mesurer leur performance ! Le jeu coopératif vient bousculer ce cadre. Il enlève un indicateur familier sans proposer immédiatement un nouveau repère.

C’est pourquoi certains enfants semblent désorientés lors des premières parties d’un jeu coopératif. Ils ne savent plus trop où se situer ni comment évaluer leur réussite. Pas d’inquiétude, ce flottement n’est pas un échec, mais une transition tout à fait normale.

Pour rendre cette transition plus douce, il est possible d’effectuer un premier essai avec des jeux hybrides. Ceux-ci se présentent, par exemple, sous la forme de jeux d’enquêtes et proposent un équilibre intéressant entre compétition et coopération.

Accueillir les peurs sans forcer l’adhésion

Le jeu sans gagnant révèle des fragilités que certains enfants s’efforcent de cacher durant un jeu compétitif, par exemple la peur :

  • De ne pas être utiles ;
  • De ralentir les autres ;
  • De se tromper et de pénaliser le reste des joueurs.

Pour les rassurer, il est essentiel de les accompagner dans leur découverte du jeu coopératif. En s’appuyant sur des parties progressives, on permet à chacun d’entrer dans le collectif à son rythme.

Un enjeu d’inclusion dès la première partie

Cet accompagnement permet de découvrir cette nouvelle façon de jouer en douceur. L’objectif n’est pas de forcer l’adhésion, mais de permettre à chacun de trouver sa place. Un enfant qui doute peut s’appuyer sur un rôle clair, tandis qu’un autre peut participer autrement, sans avoir à prouver forcément qu’il est “le meilleur”.

Dans un jeu coopératif, chaque rôle compte, ça change tout : je ne suis pas là pour gagner contre les autres, mais pour avancer avec eux.

Le jeu coopératif : bien plus qu’une partie de plaisir

La coopération, ce n’est pas simplement jouer ensemble de manière agréable. L’idée de l’interdépendance positive, c’est que tout le monde est dans le même bateau : tout le monde avance… ou tout le monde coule !

Avec ce type de jeu, la victoire ne se construit jamais seul, de même que la défaite ne repose jamais sur un seul joueur. La réussite dépend d’un ajustement constant entre les joueurs. Chacun apporte quelque chose de différent :

  • Une idée ;
  • Un geste ;
  • Une décision ;
  • Un regard.

L’objectif reste commun, tandis que les actions demeurent individuelles, et c’est dans cet équilibre que la magie opère !

Devenir une vraie équipe

Peu à peu, le groupe de joueurs cesse d’être une simple addition d’individualités pour devenir une véritable équipe. Si ça coince, c’est parfois à l’adulte, parent ou éducateur, que revient cette tâche délicate d’accompagner le groupe dans cette direction. Il faut demander de l’aide au bon moment, et surtout offrir la sienne. Dans un jeu coopératif, l’entraide n’est plus une simple option morale, mais une véritable condition de réussite. L’équipage n’a pas su s’entendre ? Pas de chance, le bateau coule !

Dans ce cadre, un enfant avec un rythme différent peut trouver un rôle adapté :

  • Un enfant à l’aise avec les règles peut devenir guide ;
  • Un autre agit plus concrètement en manipulant le matériel ;
  • Un troisième prend en charge les explications.

Le jeu comme terrain d’expérimentation sociale

Comme le suggérait le psychanalyste Donald Winnicott, le jeu crée une “aire transitionnelle“, un espace de sécurité entre la réalité et l’imaginaire où l’enfant peut tester des rôles (le chef, le sauveur, le rebelle) sans craindre les conséquences du monde réel.

Plus simplement, le jeu coopératif met en scène des situations que les enfants rencontrent dans leur vie de tous les jours : désaccords, prises de décision, gestion du temps, frustration. Mais ici, tout se joue dans un cadre sécurisé. Celui-ci permet aux enfants de tester des comportements, d’en observer les effets et de les ajuster, sans pression scolaire ni jugement adulte direct.

Un complément précieux aux apprentissages scolaires

Là où l’école transmet avant tout des savoirs, le jeu coopératif développe des savoir-faire essentiels dans nos relations quotidiennes. Il apprend aux enfants à attendre leur tour, à reformuler une idée pour être compris ou à aider un camarade sans tout faire à sa place. Il les invite aussi à accepter de changer de stratégie lorsque le groupe en a besoin. Le plan ne nous mène pas à bon port ? On change de plan ensemble !

Ces compétences sociales, pas toujours visibles au quotidien, trouvent dans le jeu un terrain d’entraînement concret. En jouant, les enfants expérimentent des solutions qu’ils pourront utiliser ensuite à l’école comme à la maison.

Découvrez quelques jeux coopératifs pour débuter quand les enfants n’ont jamais joué ensemble.

Pourquoi apprendre à coopérer est un super-pouvoir ?

Le monde n’est pas un jeu compétitif permanent, et pourtant, beaucoup d’enfants l’appréhendent ainsi, tant les comparaisons, les classements et les performances individuelles rythment leur quotidien. Bon, c’est vrai, certains adultes voient également la vie comme une vaste compétition, mais c’est un autre problème…

Le jeu coopératif rééquilibre cette vision en offrant un terrain d’entraînement sans risque :

  • On expérimente en sécurité ;
  • L’erreur n’exclut personne ;
  • La défaire ne devient pas humiliante.

Si la partie est perdue, le groupe peut analyser ce qui n’a pas fonctionné et chercher ensemble comment s’améliorer. On refait le match !

Jouer ensemble contre le jeu

Le principe est simple : les joueurs n’entrent pas en opposition les uns avec les autres, mais affrontent ensemble le mécanisme du jeu, qu’il s’agisse :

  • Du temps qui passe ;
  • D’un danger qui progresse ;
  • D’une énigme à résoudre ;
  • D’une mission à mener à bien.

Cela change complètement la façon de jouer ! Dans ce contexte, l’autre n’est plus perçu comme un rival, mais comme un allié, et la réussite de chacun dépend de l’attention portée au groupe.

Apprendre à réparer plutôt qu’à éliminer

Dans un jeu coopératif, on apprend à gagner et à perdre ensemble. La défaite ne doit pas être considérée comme une sanction définitive, mais une opportunité précieuse ! Le groupe analyse ce qui s’est passé, tente de comprendre les choix effectués et identifie ce qui pourrait être ajusté. Cette démarche collective transforme l’échec en étape d’apprentissage.

Cette logique développe :

  • La patience, car elle invite à recommencer sans se décourager ;
  • La persévérance, en montrant que l’amélioration passe par des essais successifs.

La capacité à réparer, essentielle à la vie collective, se construit bien au-delà du simple temps de jeu !

Une compétence clé pour le monde de demain

Savoir coopérer, c’est apprendre à travailler avec des personnes différentes, à écouter sans forcément être d’accord et à construire des solutions communes. Le jeu à plusieurs est une micro-société qui offre une première expérience concrète de ces réalités complexes. Grâce à ce terrain d’apprentissage, les enfants apprennent un super-pouvoir : savoir gérer un conflit !

Les 7 clés pour transformer un groupe en équipe soudée

Construire une équipe ne se fait jamais en un seul tour de jeu. Il s’agit d’un chemin, d’une progression faite d’essais, d’erreurs et d’ajustements successifs.

Voici 7 étapes pour comprendre comment naît une coopération durable, notamment grâce au jeu.

1. Se présenter pour exister dans le groupe

Tout commence par la rencontre, ce moment où chacun fait un pas vers les autres. Dire son prénom, évoquer ce que l’on aime ou expliquer comment on se sent permet déjà de s’inscrire dans le groupe. Dans le cadre du jeu, la présentation peut prendre des formes variées : un quizz, un tour de table, un pion personnalisé ou encore le choix d’un rôle symbolique.

Pour un enfant avec des besoins spécifiques, ce premier contact devient accessible grâce à des supports visuels, un objet à manipuler ou un temps d’observation avant la prise de parole. Ce premier échange est tout bête, mais très important ! C’est le moment où chacun doit sortir de sa coquille.

2. S’exprimer pour faire avancer l’action

Dans un jeu compétitif : on élabore ses plans dans sa tête, en veillant à ne pas se trahir. Ici, c’est tout l’inverse : la parole est au centre même de la réussite. Ainsi, proposer une idée, formuler une hypothèse ou partager une inquiétude contribue directement à l’avancée du groupe. Dans le jeu coopératif, s’exprimer n’est pas toujours gratuit : chaque intervention peut modifier le cours de la partie. Par exemple, dans le jeu Hanabi, rompre le silence pour donner une indication précieuse à son coéquipier coûte un jeton.

En effet, dans de nombreux jeux coopératifs conçus autour de la prise de décision collective, les choix exprimés à voix haute peuvent changer le cours de la partie. L’enfant comprend alors que sa voix compte et que son point de vue peut influencer la réussite commune.

3. Écouter pour ajuster le groupe

On le sait, l’écoute ne se limite pas au silence, elle implique une attention réelle. Prendre en compte un point de vue différent ou reformuler une idée font partie intégrante de la coopération. Le jeu offre un cadre concret pour exercer cette compétence de l’écoute, souvent sous-estimée.

Sur ce terrain, nous ne sommes pas tous à égalité : certains enfants auront besoin de plus de temps pour intégrer les échanges, tandis que d’autres auront besoin d’un rappel bienveillant pour laisser de la place aux autres. Alors, on adapte le tempo pour que tout le monde ait le temps de s’exprimer et, surtout, d’être vraiment entendu.

4. Prendre sa place sans écraser celle des autres

Dans une équipe soudée, chacun occupe une place identifiable. Certains manipulent le matériel, d’autres observent, donnent le signal ou lisent la règle. Le jeu coopératif rend ces rôles visibles pour tous.

Par exemple, un enfant qui a tendance à douter de lui pourra gagner en sécurité s’il sait précisément ce qu’il a à faire. Quand un enfant prend toute la place dans le jeu, apprendre à laisser de la place aux autres devient tout aussi structurant. C’est lorsque chaque rôle est reconnu que le groupe peut trouver son équilibre, et cela peut prendre du temps ! Une fois que chaque membre de l’équipage connaît sa mission, le bateau peut avancer jusqu’à destination.

5. Reconnaître ses qualités et celles des autres

Le jeu coopératif met en lumière des compétences qui restent parfois invisibles dans d’autres contextes. Mémoire, sens de l’orientation, patience ou créativité trouvent ici un espace pour s’exprimer pleinement.

Au fil des parties, l’enfant découvre qu’il est utile au groupe et que les qualités des autres complètent les siennes. C’est toujours un sentiment agréable !

6. Ne pas faire un drame des erreurs

Combien de fois voit-on des enfants rire entre eux parce qu’un autre s’est trompé lors d’une partie ? Dans un jeu coopératif, l’erreur ne doit pas provoquer l’exclusion, mais ouvrir un espace de réflexion. Elle devient une information que le groupe analyse ensemble afin d’ajuster sa stratégie. Et si cela ne se fait pas naturellement, c’est à l’adulte d’y veiller, au moins au début !

Ce cadre rassurant aide les enfants qui ont peur de se tromper. Progressivement, le groupe se transforme en soutien bienveillant plutôt qu’en juge. Sans ça, pas d’atmosphère détendue, c’est quand même dommage, lorsqu’il s’agit de jouer ensemble !

7. Coopérer naturellement, sans y penser

Si toutes les clés précédentes sont assimilées, la coopération ne devrait plus demander d’effort conscient. Elle devient un réflexe, construit au fil des expériences partagées autour du jeu.

Les enfants peuvent même mobiliser cette manière de faire dans d’autres situations du quotidien, à l’école, à la maison ou dans leurs relations avec les autres. C’est aussi le moment pour refaire un autre jeu collaboratif avec des règles différentes : le groupe devrait désormais réagir de façon bien plus fluide !

Transformer le quotidien : quand la maison devient un terrain de jeu

L’esprit d’équipe ne s’envole pas dès que la boîte de jeu se referme ! Les habitudes construites autour du jeu peuvent peu à peu s’inviter dans la vie quotidienne et transformer la manière de vivre ensemble à la maison. Construire une cabane avec des chaises, des coussins et des draps ou monter un projet commun représentent autant de possibilités de concilier les jeux coopératifs et le vivre ensemble.

Des projets partagés pour prolonger l’esprit du jeu

Lorsqu’un projet est mené à plusieurs, chacun retrouve les mécanismes déjà éprouvés dans le jeu :

  • Se répartir les rôles ;
  • Écouter les idées des autres ;
  • Ajuster ses actions ;
  • Accepter les imprévus.

Cela peut passer par une construction en commun, l’organisation d’un goûter ou encore la mise en place d’un petit potager ou d’un coin créatif à la maison. Dans ces projets du quotidien, les enfants négocient, proposent, testent et modifient leurs idées, exactement comme autour d’un plateau de jeu. La maison devient ainsi progressivement un véritable terrain d’expérimentation collective !

Ces projets partagés renforcent le sentiment d’appartenance, car chacun se sent impliqué dans quelque chose de commun. Les enfants prennent conscience que leurs idées, leurs gestes et leurs efforts ont une réelle influence sur le résultat final. Dans ce cadre familier, ils mesurent concrètement l’impact positif de la coopération et comprennent que l’on avance souvent plus sereinement lorsque l’on agit ensemble.

Le parent comme partenaire plutôt que simple arbitre

Dans ces moments, le rôle du parent évolue sensiblement. Il ne se limite plus à fixer des règles ou à trancher les désaccords, mais s’implique directement dans l’action. En devenant camarade de jeu, il partage les choix, les hésitations et les ajustements avec les enfants.

Cette posture modifie en profondeur la relation adulte-enfant. Selon Jean Piaget : “la coopération entre égaux entraîne non seulement un changement graduel dans l’attitude pratique de l’enfant, mais elle supprime également le sentiment mystique envers l’autorité.” Elle installe une forme de confiance réciproque et montre que chacun peut apprendre des autres, quel que soit son âge.

Et si on essayait, tout simplement ?

Jouer ensemble apprend aux enfants à se regarder autrement, à s’écouter et à se respecter, sans que cela passe par de longs discours (pas comme notre article !). Pour les parents, ces moments sont souvent l’occasion de voir leurs enfants sous un autre jour, plus attentifs, plus solidaires, parfois même étonnamment inventifs. Pour tous les joueurs, adultes ou enfants, c’est surtout une bonne raison de se retrouver, de rire, de recommencer… et de se dire que jouer ensemble, c’est déjà beaucoup !

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