
Le 25 juin, Nintendo ressort Star Fox 64 dans une version repensée pour la Switch 2. Et grâce aux Joy-Con 2 transformés en souris, le vieux shoot spatial devient un jeu de coop parent-enfant comme on n’en avait jamais vu dans la série.
Imaginez la scène. Un parent tient un Joy-Con posé à plat sur la table, comme une souris d’ordinateur, et le fait glisser pour viser. À côté, l’enfant garde l’autre Joy-Con en main et pilote le vaisseau. Le premier ajuste le tir, le second slalome entre les astéroïdes. Personne ne joue contre l’autre, les deux tiennent le même appareil et avancent ensemble. C’est exactement le genre de moment qu’on cherche quand on veut jouer avec un enfant sans le laisser sur la touche ni l’écraser sous la difficulté.
Un classique de 1997 que beaucoup de parents ont en mémoire
Avant d’être ce pont entre générations, Star Fox 64 a d’abord été un grand jeu de son époque. Sorti en 1997 sur Nintendo 64, il fait partie des titres fondateurs de la console, ceux qu’on cite encore presque trente ans plus tard. On y pilote l’Arwing, un petit vaisseau de combat, à la tête d’une escouade de pilotes anthropomorphes restée célèbre : le renard Fox McCloud, le faucon Falco, le crapaud Slippy et le vieux lièvre Peppy.
C’est aussi le jeu qui a fait découvrir la manette qui vibre à toute une génération. À l’époque, sentir les secousses dans les mains pendant un combat tenait de la petite révolution. Et qui a touché à ce jeu se souvient forcément d’une réplique, lancée par Peppy au cœur de l’action et devenue culte bien au-delà du cercle des joueurs : « Do a barrel roll », l’invitation à faire un tonneau pour esquiver les tirs. Bref, pour pas mal de trentenaires et de quadras d’aujourd’hui, Star Fox 64 n’est pas un nom abstrait. C’est un souvenir précis.
Ce que le remake change vraiment
Le jeu qui sort le 25 juin s’appelle sobrement Star Fox, et c’est un remake complet, signé du studio Velan. La structure des niveaux de 1997 est conservée, mais tout le reste a été refait : graphismes entièrement modernisés, dialogues retravaillés, musique réorchestrée, nouvelles cinématiques dont un prologue qui met en scène le père de Fox. De quoi parler aux nostalgiques sans larguer les nouveaux venus.
Mais la vraie nouveauté est ailleurs, dans la façon de tenir la manette. Sur Switch 2, on peut poser un Joy-Con 2 à plat et le faire glisser comme une souris pour viser. Le capteur lit le mouvement et déplace le viseur à l’écran, avec une précision qu’on associe d’habitude aux jeux de tir sur ordinateur. Pour un jeu où il faut canarder des ennemis qui surgissent vite, ça change la sensation du tout au tout.
Et c’est là que la coop entre en jeu. En partageant une paire de Joy-Con 2, deux personnes peuvent se répartir les commandes d’un seul et même Arwing. L’une pilote, l’autre vise et tire. Cette coopération sur un même vaisseau n’avait jamais existé dans la série : Star Fox 64 proposait bien des affrontements à plusieurs, mais chacun dans son coin, l’un contre l’autre. Là, on collabore. Et la répartition tombe à pic pour un duo d’âges différents : on confie le pilotage au plus jeune, ou au contraire le tir, selon qui se débrouille le mieux, et on ajuste sans que l’un domine l’autre.
Pourquoi ce remake en dit long sur la Switch 2
Si on prend un peu de recul, Star Fox devient malgré lui la vitrine d’une idée que Nintendo pousse fort sur sa nouvelle console : la coopération asymétrique, ce principe où deux joueurs ne font pas la même chose mais œuvrent ensemble. Le Joy-Con 2 en mode souris se retrouve sur plusieurs autres titres de la machine, et il sert ici à diviser une action en deux rôles complémentaires.
Il y a quelque chose d’amusant à voir un jeu pensé en 1997 servir de démonstration technique en 2026. À l’époque, la coopération sur un même engin n’était pas envisageable avec le matériel disponible. Près de trente ans plus tard, c’est précisément cette mécanique qui donne au remake sa raison d’être, au-delà du simple coup de neuf graphique. Pour celles et ceux qui préfèrent l’expérience d’origine, la manette Nintendo 64 sans fil reste d’ailleurs compatible, histoire de retrouver les sensations exactes de 1997.
On revient alors à la table, au Joy-Con qui glisse d’un côté et au vaisseau qui file de l’autre. Deux mains, deux générations, un seul Arwing. Ce n’est sans doute pas ce que Nintendo avait en tête en 1997, et c’est peut-être ce qui rend ce retour aussi réussi.
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