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18.05.2026

Jeux de transmission : quand les grands-parents partagent leurs jeux d’enfance

jeux de transmission

Lorsqu’on ressort un vieux plateau de Nain Jaune ou une boîte d’osselets du grenier, on ne fait pas que dépoussiérer des objets. Comme dans une partie de Jumanji, on ouvre une fenêtre sur un autre monde qui semble exotique pour les plus jeunes !

À la Cabane à Jouer, on pense que le jeu est avant tout une expérience relationnelle. Pour les grands-parents, partager les jeux de leur enfance avec leurs petits-enfants est un acte de transmission puissant. C’est l’occasion de transformer une règle ancienne en un récit vivant. De tels moments renforcent les liens familiaux !

La générativité : pourquoi nos aînés ont-ils tant besoin de transmettre ?

Sur le papier, une partie de petits chevaux ressemble à un simple moment de détente. Mais c’est aussi l’occasion pour les grands-parents d’expliquer “comment on jouait avant”, et certains y prennent un plaisir bien particulier. Ce n’est pas seulement de la nostalgie : c’est une manière de raconter leur histoire !

Le psychologue Erik Erikson a décrit ce phénomène avec la notion de “générativité”. À partir de la quarantaine et jusqu’à un âge avancé, les adultes ressentent le besoin de transmettre quelque chose d’eux‑mêmes aux générations suivantes. Dans une famille, cela passe souvent par les souvenirs, les anecdotes… et très concrètement par les jeux  !

Lorsqu’un grand-parent explique les règles d’une marelle ou d’un jeu de cartes appris dans la cour d’école, il raconte un morceau de sa propre enfance. On observe souvent que les enfants écoutent ces récits avec beaucoup d’attention : comprendre que “Papy aussi a été petit” les aide à relier leur propre histoire à celle de leur famille. Ce sont des moments précieux !

Le jeu intergénérationnel devient alors un support naturel pour parler du passé sans que cela ne ressemble à une leçon ou à un cours d’histoire.

Archéologie du plaisir : les secrets de nos jeux d’autrefois

Certains jeux traversent les générations parce qu’ils portent déjà une histoire en eux. Prenons le Nain Jaune, apparu au XVIIIᵉ siècle. Son nom vient d’un conte de Marie‑Catherine d’Aulnoy, lui‑même inspiré d’un personnage réel : Nicolas Ferry, un nain protégé par le roi Stanislas de Pologne. À l’époque, la couleur jaune symbolisait la trahison, ce qui explique le côté un peu filou du personnage au centre du plateau.

Raconter ces anecdotes pendant que l’on installe les jetons transforme la partie en petite exploration culturelle. Les enfants découvrent que les jeux ne sont pas apparus par hasard : ils reflètent souvent l’époque qui les a vus naître.

Le Jeu de l’Oie fonctionne lui aussi comme une métaphore du chemin de vie. Les ponts qui font avancer, les puits qui bloquent, la prison qui oblige à attendre… autant d’étapes qui rappellent que l’on progresse rarement tout droit. Dans la réalité d’une partie familiale, ces cases deviennent souvent des prétextes à raconter des souvenirs.

On le voit souvent dans les familles : pendant qu’on place les pions, quelqu’un lance une anecdote. “Quand j’avais ton âge, on jouait à ça dans la cour de récréation…” Peu à peu, la table de jeu devient un petit musée vivant.

Avec les petits chevaux ou le jeu des dames, le jeu de l’Oie fait partie des 10 jeux de société aimés des enfants et des grands-parents.

Le mémory des époques : s’amuser du “hier vs aujourd’hui”

Comparer les objets d’hier et d’aujourd’hui crée souvent des discussions très amusantes entre générations. Et si vous fabriquiez un mémory intergénérationnel ? Sur certaines cartes, on dessine ou colle des objets anciens : un téléphone à cadran, un moulin à café à manivelle ou un fer à repasser en fonte. Sur d’autres cartes, leurs équivalents actuels : smartphone, machine à capsules ou centrale vapeur.

On observe souvent que les enfants sont fascinés par les mécanismes des objets anciens. Une manivelle ou un engrenage intrigue immédiatement dans un monde où la majorité des objets quotidiens sont tactiles ou disposent de boutons. Pour les grands‑parents, c’est l’occasion de raconter le quotidien d’une autre époque :

  • Comment on appelait quelqu’un au téléphone ;
  • Comment on préparait le café ;
  • Comment on faisait la lessive.

Ces comparaisons déclenchent naturellement des souvenirs : “Pour appeler ta mamie, il fallait tourner le cadran et attendre qu’il revienne”. Ce genre d’échange transforme un simple jeu en moment de découverte mutuelle : c’est important !

Retrouvez ici toutes nos idées d’activités à faire avec des photos de famille.

Transformer la compétition en création commune : l’art d’adapter les règles

Beaucoup de jeux anciens reposent sur la compétition : éliminer un adversaire, arriver premier ou accumuler plus de jetons que les autres. Pourtant, dans une famille où plusieurs générations jouent ensemble, ce fonctionnement n’est pas toujours le plus agréable.

À la Cabane à Jouer, on sait bien que les règles ne sont pas gravées dans le marbre ! Elles peuvent évoluer pour que tout le monde trouve sa place autour de la table.

Dans les petits chevaux, l’objectif classique consiste à renvoyer les pions adverses à l’écurie. On peut facilement transformer la partie en défi collectif : tous les joueurs tentent de faire rentrer leurs chevaux au centre avant la fin d’un compte à rebours, par exemple.

On peut aussi former des binômes intergénérationnels : un enfant et un grand‑parent jouent ensemble contre le jeu. L’un lance les dés tandis que l’autre réfléchit aux déplacements. Ce type d’adaptation crée une dynamique très différente : on ne cherche plus à battre quelqu’un, mais à avancer ensemble.

Le jeu comme espace de récit : créer des quêtes familiales

Lorsque les règles deviennent plus souples, le plateau de jeu peut se transformer en décor d’aventure familiale.

Prenons le Jeu de l’Oie. Chaque case spéciale peut devenir le déclencheur d’un souvenir. Si un joueur tombe sur le labyrinthe, on peut demander au grand‑parent : “Raconte‑nous une fois où tu t’es perdu”. Si quelqu’un arrive à la prison, cela peut rappeler une bêtise d’enfance ou une punition mémorable. Peu à peu, le jeu devient une petite bibliothèque d‘histoires familiales. Les enfants découvrent des morceaux de vie qu’ils n’avaient jamais entendus.

Gérer les dynamiques : patience et bienveillance dans le groupe

Jouer entre générations demande quelques ajustements. Les enfants ont bien souvent envie d’aller vite, de lancer les dés sans attendre et de voir la partie avancer. Alors que les grands‑parents prennent davantage le temps de raconter ou de réfléchir.

Ce décalage peut surprendre au début. Mais une partie qui ralentit parce qu’un souvenir surgit ou qu’une anecdote se glisse entre deux tours, ce n’est pas la fin du monde ! Il faut simplement se dire que le jeu prend une autre dimension, celui de la conversation : une sorte de bonus au plaisir de jouer !

Pour que chacun s’y retrouve, mieux vaut privilégier des jeux simples et des parties assez courtes, qui laissent de la place à ces moments d’échange sans créer de frustration. L’essentiel n’est pas d’aller vite ni de finir en premier, mais de partager un temps où chacun peut exister à son propre tempo.

Retrouvez aussi toutes nos astuces pour faire jouer ensemble un enfant énergique avec ses grand-parents !

Au fil du temps, ces moments deviennent bien plus que des souvenirs de jeu. Ils forment une mémoire familiale partagée. Et c’est peut‑être là le plus beau rôle du jeu : relier les générations autour d’une histoire que chacun continue d’écrire !

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