
Pour de nombreux parents, le moment du jeu de société est souvent accompagné d’une petite inquiétude. Comment demander à un enfant qui déborde d’énergie de rester assis, concentré et calme pendant de longues minutes ? Lorsqu’un enfant présente un TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité), ce décalage est encore plus marqué ! Le besoin de bouger est constant, presque vital, et peut donner l’impression que le jeu collectif n’est tout simplement pas fait pour lui.
Pourtant, il est possible de jouer ensemble malgré les différences. Dans ce cas, ce besoin de mouvement n’est plus considéré comme un frein au jeu, mais comme un formidable point d’appui ! En changeant d’approche, on passe du trop fameux “reste tranquille !” à un engagement actif et commun.
Certains jeux coopératifs s’adaptent facilement à cette démarche. Ils transforment l’énergie en moteur, favorisent la complicité et permettent de canaliser l’agitation sans la nier. Le jeu devient alors un espace d’inclusion, où chacun trouve sa place et où l’on joue vraiment… ensemble.
Qu’est-ce que le TDAH ?
Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, plus connu sous le sigle TDAH, est un trouble du neurodéveloppement. Il se manifeste par :
- Des difficultés de concentration ;
- Une impulsivité marquée ;
- Chez certains enfants, un besoin important de mouvement.
Ces particularités ne relèvent ni d’un manque de volonté ni d’un défaut d’éducation. Elles traduisent simplement un fonctionnement cognitif différent, qui nécessite des environnements adaptés pour permettre à l’enfant de s’engager pleinement dans les activités proposées. Il peut s’agir :
- De cadres qui tolèrent des règles adaptables ou la possibilité de jouer debout, assis par terre, en mouvement ;
- Des jeux où l’on peut entrer et sortir brièvement de l’action sans pénaliser le groupe.
L’objectif du jeu est de ne jamais laisser un enfant spectateur, ce qui est la meilleure façon de le “perdre”. Des jeux avec des manipulations fréquentes (cartes, pions, objets à déplacer) ou des situations qui nécessitent de la discussion ou du mime conviennent aux enfants atteints de TDAH.
Pourquoi la coopération active est le mode de jeu le plus adapté au TDAH ?
La coopération prend en compte une dimension toute particulière chez les enfants avec TDAH. En effet, dans un jeu compétitif classique, l’enfant doit souvent attendre son tour, observer sans agir et contenir son impulsivité. En se répétant sur une même partie, ces temps morts fragilisent l’attention et peuvent amener l’enfant à décrocher.
À l’inverse des jeux compétitifs, le jeu coopératif repose sur un destin commun. On gagne ou on perd ensemble ! Cette logique rassure l’enfant : il n’est plus seul face à la réussite ou à l’échec. Il fait partie d’un groupe qui avance dans la même direction et avec lequel il est plus facile de créer le premier lien.
La coopération active permet également de réduire l’attente. Les actions s’enchaînent, parfois simultanément, et chacun reste impliqué dans le déroulement du jeu. Pour un enfant avec TDAH, cette continuité est essentielle. Comme son corps et son esprit restent mobilisés tout au long de la partie, il a moins de raisons de se disperser.
Enfin, ces jeux valorisent des compétences souvent invisibles comme :
- L’entraide ;
- L’observation ;
- L’adaptation aux autres.*
L’enfant peut bouger, proposer des solutions, ajuster sa stratégie, sans être constamment rappelé à l’ordre.
Notre sélection de jeux “Bouger pour gagner”
Certains jeux coopératifs se prêtent particulièrement bien à une pratique mobile. Ils autorisent les déplacements, la manipulation et l’action collective, tout en restant accessibles aux enfants avec TDAH.
Le Verger : courir contre le corbeau
Dans Le Verger, les joueurs coopèrent pour récolter les fruits avant l’arrivée du corbeau. Le matériel coloré sollicite la sensorialité et invite à la manipulation.
Ce jeu peut être adapté en version grandeur nature de la façon suivante. On place des fruits réels ou en plastique à distance, obligeant les enfants à se lever, à se déplacer et rapporter les éléments ensemble. Un adulte joue le corbeau en se cachant les yeux et en comptant à la manière d’un “cache-cache”. Lorsqu’il finit de compter, il peut se précipiter pour récupérer les fruits qui sont encore cachés.
Cette course aux provisions devient un moment dynamique, où chacun participe physiquement à la réussite collective !
SOS Dino : décider et manipuler ensemble
SOS Dino repose sur une mécanique simple: il faut sauver les dinosaures avant l’éruption du volcan ! Les enfants manipulent des pièces, prennent des décisions à plusieurs et observent les conséquences de leurs choix.
Cette manipulation constante maintient l’attention et permet à l’enfant avec TDAH de rester engagé sans demeurer immobile. Le jeu encourage la discussion et la coordination des actions.
Dobble XXL : bouger pour repérer
Avec ses cartes géantes, la version XXL de Dobble se transforme en véritable activité motrice, à la manière d’un Twister.
Les cartes géantes peuvent être disposées au sol ou sur les murs, invitant les enfants à se déplacer pour repérer les symboles communs. Cela aiguise leur sens de l’observation et leur rapidité, renforçant de fait leur attention.
Concept Kids & Unlock! Kids : enquêter avec le corps
Dans Concept Kids ou Unlock! Kids, les joueurs doivent mobiliser tous leurs sens pour résoudre des mystères et parvenir ensemble au bout des différents scénarios. Comme dans un escape game, il faut mimer, montrer ou se déplacer pour donner ou révéler plusieurs indices.
Il ne s’agit pas d’un débat bruyant et difficile à suivre ou à supporter ! Ces jeux d’enquête coopératifs favorisent l’expression non verbale et l’écoute mutuelle, tout en laissant une grande liberté de mouvement aux enfants.
Défis LEGO : construire en équipe
Les défis de construction LEGO favorisent l’inclusion lorsqu’ils sont relevés en équipe. En effet, chacun apporte une pièce, une idée ou une solution pour aménager son bâtiment, son véhicule ou sa ville en petites briques de plastique. Plutôt que de construire chacun des parties d’un tout, on peut même se répartir les tâches, comme si l’ensemble des joueurs ne formaient qu’un seul constructeur.
Par exemple, l’enfant avec TDAH peut manipuler, se lever pour chercher des briques, ajuster la construction en temps réel. Pendant ce temps, un autre s’assure de la cohésion d’ensemble et du respect de la notice du set ou du plan initial. Ainsi, la réussite repose sur la coordination et la solidarité, bien plus que sur la performance individuelle.
Les 3 règles d’or pour un moment réussi
Pour que le jeu coopératif reste un plaisir partagé, quelques repères simples peuvent aider les parents à aménager le cadre.
Structurer le temps
Un outil de repérage temporel, comme un Time Timer, permet de matérialiser le temps qui passe. L’enfant peut mieux se représenter le délai imparti pour accomplir une tâche ou une partie et, ainsi, mieux focaliser son attention. Grâce à son cadre ludique et pédagogique, cet accessoire est particulièrement recommandé au moment de choisir un jeu quand un enfant est DYS.
Valoriser chaque coopération
Chaque geste d’entraide mérite d’être souligné. Qu’il s’agisse d’une décision partagée ou d’un soutien ponctuel, ces petites victoires renforcent l’estime de soi et donnent envie de recommencer.
La LEGO-thérapie est très utile pour donner à l’enfant un sentiment de fierté et d’accomplissement. En effet, si on lui confie un rôle précis (architecte, constructeur ou fournisseur de pièces), il se rend indispensable à la réussite du projet. Cela développe son attention et sa responsabilisation et réduit son isolement.
Du jeu réel au jeu vidéo, une place pour chaque enfant avec un TDAH
À la Cabane à Jouer, on est persuadé que les jeux coopératifs offrent bien plus qu’un simple moment ludique pour passer le temps. Ils créent des souvenirs, tissent des liens et permettent aux enfants avec TDAH de vivre des expériences positives en groupe. En bougeant, en réfléchissant et en réussissant ensemble, le jeu devient une véritable aventure, où chacun dépense son énergie pour la victoire de tous.
Si l’enfant avec un trouble n’ose pas participer à un jeu réel, il peut développer sa sociabilité dans le virtuel. À travers les jeux multi-joueurs en ligne (MMORPG) sur ordinateur ou console de salon, certains peuvent libérer leur parole et leur énergie sans la crainte de se sentir gêné. De plus en plus, le monde du jeu vidéo s’adapte au handicap. Mais, attention, cette activité doit se consommer avec modération !





