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07.03.2026

Jouer ensemble, sans exception : le jeu vidéo au service de l’inclusion

jeu vidéo inclusion

Dehors, il pleut, le ciel est gris. Autant aller chercher le soleil et des couleurs chatoyantes ailleurs, tout en restant confortablement installé dans son salon. Pour cela, on allume la console de jeu, tout en se mettant d’accord sur le temps que l’on va consacrer à son grand écran (très important !). Après avoir choisi le jeu, l’un s’installe un peu en retrait, l’autre bondit déjà sur le canapé, manette en main !

Sur le papier, on pourrait croire que le jeu vidéo va accentuer les différences : coordination inégale, attention qui s’éparpille, fatigue plus rapide pour l’un que pour l’autre. Dans la réalité, on observe souvent l’inverse. Quand l’écran s’allume, chacun cherche sa place dans l’équipe… et finit toujours par la trouver !

En 2025, avec plus de 40 millions de joueurs en France selon l’AFJV (Agence Française pour le Jeu Vidéo), ce médium fait partie du quotidien des familles. Arrêtons de réserver les parties aux plus forts, aux plus rapides ou aux plus agiles ! Et si cet univers devenait un espace d’inclusion par le jeu, où l’on apprend à jouer ensemble malgré les différences ?

Un peu d’histoire : du “bricolage” maison au Design Universel

Au début des années 1970, les jeux étaient rudimentaires. Le célèbre Pong, avec son contraste noir et blanc et ses deux commandes simples, était accessible… presque par hasard ! Il s’agissait de faire rebondir un petit pixel, faisant office de balle, de part et d’autre de l’écran. Autrement dit, un match de tennis vu du dessus, mais sans tennisman ni filet !

Personne ne parlait encore d’inclusion pour les premières générations de consoles. Les familles qui avaient un enfant avec un handicap devaient souvent faire preuve de créativité, par exemple en adaptant la manette ou la souris.

Peu à peu, les choses ont évolué. On est passé d’une logique de “réparation” à celle du Design Universel : le jeu doit convenir au plus grand nombre dès sa conception. Les sous-titres, par exemple, profitent aujourd’hui autant aux enfants malentendants qu’à ceux qui sont obligés de jouer sans le son. Quand le monde du jeu vidéo s’adapte au handicap, il améliore en réalité l’expérience de tous !

Le matériel qui s’adapte à l’enfant (et non l’inverse)

On le voit souvent dans les familles : la frustration ne vient pas du jeu lui-même, mais de la difficulté à manier la manette. Petites mains, tonus différent, coordination en construction : chaque enfant avance à son rythme.

L’évolution du matériel a changé la donne. Désormais, certaines consoles transforment la manette en véritable tableau de commandes, presque comme un cockpit de vaisseau spatial (version salon, rassurez-vous !) L’idée n’est plus de forcer l’enfant à s’adapter à l’objet, mais d’ajuster l’objet à l’enfant. Cette approche concrète lui redonne de la confiance et l’envie de s’investir dans le jeu. On pense notamment à la manette séparée de la Switch, plus petite et maniable pour les enfants.

La manette adaptative : le LEGO du gaming

La manette adaptative proposée par Xbox ou la manette Access de PlayStation fonctionne comme un immense jeu de construction. On branche des boutons externes, on ajoute une pédale, on positionne un joystick plus large. Chaque élément se place là où le geste est le plus confortable : sous le pied, près du coude, à hauteur de main.

Prenons un exemple très simple. Un enfant avec des difficultés motrices dans les doigts peut utiliser une pression du pied pour sauter et garder les mains pour diriger son personnage. Cette souplesse évite bien des “j’y arrive pas !” qui coupent son élan.

Le mode Copilote : l’atout secret des parents complices

Autre innovation discrète mais précieuse : le Mode Copilote sur Xbox et PS5. Deux manettes contrôlent un seul personnage, comme dans une conduite accompagnée (mais sans le macaron blanc à coller sur la console !) L’enfant garde la sienne, vous tenez la seconde. Vous intervenez uniquement sur les passages délicats comme sauter au bon moment ou viser un ennemi particulièrement rusé.

Les deux joueurs ne sont pas en concurrence pour savoir qui dirige le mieux le personnage : en coopérant, chacun apporte ses compétences pour avancer sans difficulté.

Voir, entendre et comprendre : les réglages logiciels magiques

L’inclusion ne concerne pas uniquement le matériel. À l’intérieur des jeux, les paramètres regorgent d’options souvent méconnues : taille des textes, contraste renforcé, vitesse réduite, etc.

Parfois, un minuscule ajustement peut rendre le jeu plus vivable, tel un effet papillon ! Ces réglages jouent le même rôle : ils rendent l’univers plus lisible, plus confortable, et plus accessible au quotidien.

Des sons pour guider, des couleurs pour aider

Les modes daltoniens modifient les palettes de couleurs afin que chaque élément reste distinct. Certains jeux reposent sur une symbiose entre le visuel et l’auditif. Dans Minecraft (PEGI 7), l’option de lecture vocale énonce les menus et les messages écrits.

Il existe même des expériences entièrement sonores comme A Blind Legend (PEGI 12), où l’on se repère uniquement à l’écoute. Avec ce jeu, on comprend autrement ce que signifie se repérer sans la vue ! C’est déroutant dans un premier temps, mais on finit par s’y adapter.

L’accessibilité cognitive : simplifier pour mieux s’amuser

Certains enfants avec des troubles de l’attention ou de la coordination se sentent vite submergés par un écran trop rapide. Les options de stabilisation de la caméra, d’aide au ciblage ou de ralentissement du rythme réduisent cette pression.

Ce n’est ni rare, ni inquiétant : c’est même très courant ! Beaucoup de familles découvrent ces paramètres tardivement. Pourtant, ils changent la dynamique du jeu et l’expérience de l’enfant. Il peut progresser sans tension excessive et, ainsi, goûter au même plaisir que ses camarades de jeu. Alors quand un jeu vidéo ne va pas, commencez donc par vadrouiller dans l’onglet “options” ou “paramètres” !

Le jeu vidéo, créateur de liens et d’empathie

Aujourd’hui, près de deux joueurs sur trois partagent leurs sessions. Le jeu vidéo n’est clairement plus une activité solitaire. On retrouve des mécanismes proches de ceux observés dans les jeux de société coopératifs : objectif commun, ajustement, entraide.

Pour certains enfants, le face-à-face direct peut impressionner. L’écran les rassure, car il fait office d’une sorte de voile (ou de miroir magique) entre les joueurs. Au lieu de se confronter au corps-à-corps, on échange à travers l’action pour relever un défi commun. Seuls les éclats de voix permettent de savoir si la quête est un succès ou tourne à la catastrophe !

Quelle que soit l’issue de la partie, gagner ensemble ou perdre ensemble façonne des souvenirs partagés. Des titres comme It Takes Two (PEGI 12) ou Overcooked (PEGI 3) reposent entièrement sur la coordination. Impossible d’avancer si chacun joue pour soi ! Il faut communiquer, attendre, répartir les rôles.

Ce genre de scène revient souvent quand on joue à plusieurs. L’aîné explique, le plus jeune observe : chacun trouve sa place ! Les meilleurs jeux vidéo coopératifs ne mettent pas en avant la performance individuelle, mais la réussite collective. Et cela dépasse largement l’écran : patience, écoute, réparation après un conflit… autant d’apprentissages discrets qui se glissent dans le quotidien.

Accompagner son enfant dans le jeu vidéo : les conseils de La Cabane à Jouer

Sur le papier, il suffirait d’acheter “le bon jeu”. Dans la réalité, l’accompagnement compte davantage que le support. Jouer avec votre enfant reste la meilleure façon de comprendre ce qui le stimule ou le freine.

On le rappelle souvent ici : le cadre rassure ! Le contrôle parental, utilisé par plus d’un parent sur deux, aide à poser des limites claires sur le temps d’écran ou les échanges en ligne. Si vous hésitez sur le matériel, on vous recommande quelle console de jeux choisir pour vos enfants.

La règle des 3-6-9-12, proposée par Serge Tisseron, donne des balises sur l’introduction progressive des écrans. Elle invite surtout à adapter l’activité de l’enfant selon l’âge et la maturité :

  • Avant 3 ans, pas d’écrans quels qu’ils soient ; interactions réelles avant tout ;
  • Avant 6 ans, pas de console de jeu ni d’écrans dans la chambre de l’enfant ; uniquement des jeux collectifs à faire à l’intérieur ou à l’extérieur ;
  • Avant 9 ans, pas d’Internet en autonomie ; accompagnement parental obligatoire pour éviter toute dérive ;
  • Avant 12 ans, pas de réseaux sociaux ; navigation sur le Web limitée à 1h30 par jour.

Dans une logique inclusive, le choix des jeux compte autant que la durée. On a par exemple ces 3 jeux classiques :

  • Mario Kart (PEGI 3) propose une conduite assistée qui évite les sorties de piste répétées ;
  • Animal Crossing (PEGI 3) avance à un rythme tranquille, sans pression ;
  • Minecraft (PEGI 7) valorise la créativité libre.

Zoom sur 2026 : l’IA au service d’un futur 100 % inclusif

Les prochaines évolutions s’annoncent passionnantes. L’intelligence artificielle ajuste déjà la difficulté en fonction des gestes du joueur. Si le joueur bloque trop longtemps sur un passage, le jeu adapte discrètement les paramètres. Ni vu, ni connu !

La technologie des commandes par le regard progressent, tout comme les retours haptiques plus fins pour traduire les actions par des vibrations nuancées. Avec ces avancées, on imagine des univers ludiques capables d’anticiper les besoins d’un enfant sans qu’il ait à les formuler.

À La Cabane à Jouer, on défend souvent l’idée que le jeu reflète la société. Si le jeu vidéo devient plus inclusif, plus attentif aux différences, il envoie un message fort. Pas celui d’une performance parfaite, mais celui d’une place pour chacun autour de l’écran !

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